Les 18 et 19 septembre 2026, Arad, en Roumanie, a accueilli le Festival national francophone « Jeunes Voix pour la Paix », organisé par le bureau local d’Arad de l’Association Roumaine des Professeurs Francophones (ARPF), avec le soutien de l’OIF dans le cadre de son appel à projets “L’éducation, socle de la paix et du développement durable”.
Pensé comme un espace ouvert à tous les jeunes, le festival a fait de la création artistique un moyen d’expression, de dialogue et de réflexion autour de la paix. Théâtre, poésie, musique, danse et arts plastiques se sont ainsi rencontrés pendant deux jours, dans une démarche qui associait apprentissage du français, citoyenneté et vivre-ensemble. Le projet avait notamment pour ambition de permettre aux élèves, y compris ceux issus de territoires ruraux ou de contextes moins favorisés, de participer à une expérience francophone collective.
“Nous avons voulu créer un espace où chaque jeune puisse s’exprimer librement, sans recherche de compétition ni de perfection artistique ou linguistique », explique Roxana Gabriela Vlad, responsable du bureau local d’Arad de l’ARPF, à l’initiative du festival. Plus de 200 élèves, enseignants, bénévoles et invités, représentant 24 établissements scolaires et troupes venus de plusieurs régions de Roumanie, ont pris part à cette première édition. Spectacles, activités dans l’espace public et ateliers ont permis de faire vivre autrement le français et les valeurs de paix et de dialogue.
Parmi les temps forts figuraient notamment les ateliers « Francophonie – Les valeurs qui nous rassemblent », « Écoute, bouge, crée » et « La paix entre en scène ». Les jeunes ont également été invités à réfléchir à la paix à travers leurs propres créations. Pour Flavia Stoian, qui a présenté le poème Quand la terre s’exprime, la paix ne se résume pas à l’absence de guerre : elle passe aussi par l’harmonie avec la nature et l’attention portée à notre planète.
Sur scène, le théâtre a également permis de mettre en question les frontières, les différences et les préjugés. Dans La Ligne de Christophe Botti, Rareș Flueraș et Ștefan Chesințan ont ainsi exploré l’idée que la paix se construit en dépassant ce qui sépare, par l’écoute, le dialogue et le respect de l’autre.
La dimension collective du festival s’est prolongée jusque dans l’espace public. Après le flash mob « Pour la paix », organisé sur la place de l’Hôtel de Ville d’Arad, Roxana Vlad raconte avoir été particulièrement marquée par un geste simple : « la place était propre. Rien n’avait été laissé derrière nous. » Pour elle, ce détail résume une part essentielle du message porté par le festival : la paix, le respect de l’autre et la responsabilité envers l’espace partagé ne sont pas seulement des thèmes à évoquer, mais des valeurs à mettre en pratique.
Cette expérience a également créé des liens entre les participants venus de différentes régions. Pour Horia Cheser, du Lycée théorique « Mihail Kogălniceanu » de Vaslui, le festival a été l’occasion de faire de nouvelles rencontres et de partager un moment chaleureux autour des différentes prestations. Pour Anna-Maria Aciobăniței, de la même délégation, théâtre, musique et danse ont permis de créer un espace de confiance où le français devenait un langage commun au-delà des différences.
Pour les organisateurs, l’enjeu est désormais de faire vivre cette dynamique dans la durée. Le festival a vocation à devenir un rendez-vous annuel et à s’appuyer sur un réseau durable d’établissements participants, ainsi que sur une capitalisation numérique des productions et des pratiques développées.
À travers le français, « Jeunes Voix pour la Paix » a ainsi permis à des jeunes de créer ensemble, de rencontrer d’autres francophones et d’écouter des voix différentes des leurs. Une expérience qui illustre concrètement comment la Francophonie peut être un espace de rencontre, de respect et de vivre-ensemble.
























